La petite histoire du diéthylamide de l’acide lysergique (le LSD)

Avant d’être le nom d’un groupe à succès,
 

 
le Lysergsäurediethylamid (ACH JA) ou diéthylamide de l’acide lysergique (cocorico) ou encore LSD (bien plus simple) a sa place ici, parmi les autres Curios’idées. Même si il n’a pas été découvert par hasard, il n’était pas, à la base, censé te faire voir des éléphants roses et te faire penser que tu peux t’envoler. L’histoire est bien plus bête que ça..
 

1. Le diéthylam.. oh et puis zut.

Vous serez peut être étonnés de l’apprendre, mais le LSD est une drogue comme la cocaïne, l’ecstasy ou le sucre. Si si. Je vous jure.
 

 
Contrairement à d’autres drogues comme la cocaïne qu’on va trouver en poudre, le LSD est plutôt vendu imbibé dans des buvards qu’on va ensuite ingéré. Au départ, le LSD n’était pas étudié pour être une drogue mais un analeptique, c’est à dire un stimulant dans ce cas pour le système respiratoire. Sauf que quand on sait de quoi est dérivé le LSD, on comprend que c’était pas DU TOUT gagné. Connaissez-vous le « Feu de Saint-Antoine » ou « mal des ardentes » ou « ergotisme » ? Si ce n’est pas le cas, allez voir cette vidéo de Brut mais je vais faire un rapide résumé. L’ergot de seigle est un champignon parasitant le seigle et ses proches cousins céréales comme le blé. Et le bonhomme n’est pas très très sympathique. Le Feu de Saint-Antoine (nom bien plus cool que « ergotisme ») donnait la sensation de brûlures atroces sur tout le corps et conduisait à une gangrène des membres. On se retrouvait donc souvent avec des démembrés se baladant dans la rue. Pas mieux que la lèpre donc.
 
Rassurez-vous, le LSD ne comporte pas ce genre d’effets secondaires que les chers Arthur Stoll et Albert Hofmann, synthétiseurs du LSD, ont eu la gentillesse de retirer. Au départ, ces deux chercheurs travaillaient pour l’entreprise pharmaceutique Sandoz/Novartis (qu’on ne présente plus). Sinon ouvrez votre armoire à pharmacie, vous comprendrez vite. Ils essayaient de dériver un analeptique de l’ergot de seigle qui permettrait de stimuler le système respiratoire, et notamment les poumons. Sauf que pas de bol, pas de stimuli sur les poumons des rats de laboratoire, seulement une agitation des animaux. Pas l’effet recherché donc et les recherches sont abandonnés jusqu’en 1943, 5 ans après leur commencement. Quand ils reviennent sur le 25ème dérivé de l’ergot de seigle (= LSD-25 = LSD), Stoll et Hofmann décident de lancer une auto-expérimentation que je vais me faire un plaisir de vous expliquer dans la partie suivante.
 

2. Les effets psychotropes du LSD

Déjà, mettons nous d’accord sur « psychotrope ». Un psychotrope est une substance qui a des effets sur le psychisme. Psychisme, psychisme.. Ah, « processus psychiques ». Merci. Ça m’aide. Heureusement, Wikipedia, toujours là pour moi, nous dit : « L’ensemble des caractères conscients ou inconscients, […] des phénomènes, des processus relevant de l’esprit, de l’intelligence, de l’affectivité et de la volonté constitue la vie psychique d’un individu ». Autrement dit, ce qui n’est pas physique. Bien commençons donc par voir les effets sur notre psychisme.
 
Je vous disais juste avant que Hofmann avait ingéré du LSD et le monsieur a eu la bonne idée d’écrire et de partager son récit. Je vous conseille aussi d’aller lire cet article de The Guardian dans les sources qui illustre le premier trip au LSD de l’histoire, très représentatif je pense !
 

 
Dans ses notes, Albert Hofmann commence par décrire ce trip comme « proche d’un rêve » et « dans des conditions d’intoxication pas désagréable ». Il a eu des symptômes de paranoïa, pensant que son voisin était une sorcière, il parlait de manière inintelligibile et il avait l’impression d’être immobile, peu importe ce qu’il faisait. A cause de la guerre, aucune voiture n’était disponible et il a dû rentrer en vélo, aidé d’une assistante. L’assistante expliquera d’ailleurs à Hofmann qu’il semblait comme en arrêt sur image mais que le voyage s’était passé normalement, pas du tout ce qu’il avait ressenti. Hofmann avait l’impression de voir comme dans un kaléidoscope lorsqu’il fermait les yeux : formes, couleurs, tout était mélangé mais semblait exploser sous ses yeux. On sait maintenant que ces couleurs et formes qui bougent sont dues au LSD qui envoie de « faux » signaux au lobe frontal, qui traite les signaux comme des messages de l’oeil, et donc des choses qu’on voit. Bref, tous les sens semblent décuplés et liés, effet recherché par les consommateurs.
 

3. Effets secondaires désirés ou non (plutôt non)

Comme chaque substance qu’on absorbe, on a toujours plus que ce qu’on désire. Youpi ? Pas vraiment. Accélération du rythme cardiaque, modification de la pression artérielle, tremblements, picotements, engourdissements, vertiges, nausées, vomissements, augmentation de la température corporelle, sueurs vous attendent lors de votre joyeux trip sous acide. Et c’est sans compter la bonne idée que vous pourriez avoir de voir si un humain s’envole. Si en plus vous avez une tendance à l’anxiété ou à la dépression, vous avez plus de risque de faire un bad trip et d’avoir de sévères complications psychologiques par la suite : paranoïa, perte de contrôle, perpétuel passage d’un état excité à un état inerte, etc.
 

4. LSD comme médicament ?

Le LSD a longtemps été (et parfois encore) utilisé à effet thérapeutique pour lutter contre certaines maladies mentales. Il est pas mal étudié aussi à microdoses, entre autres par l’institut Beckley qui a publié les premières images d’un cerveau humain sous LSD. Le LSD « thérapeutique » pourrait notamment aider à repérer des connexions nerveuses défectueuses dans le cerveau et aider les patients en suivi psychologique pour des dépressions ou des addictions à s’ouvrir plus au psychologue/psychiatre et se remémorer des souvenirs oubliés.
 
Même si aujourd’hui le LSD n’est plus autant utilisé comme médicament, il reste une source de recherche dans ce but. Une étude de 2012 a montré qu’il existait un lien entre prise unique de LSD et baisse importante de l’addiction chez des alcooliques. Vous pourrez aussi trouver des articles sur internet où les gens expliquent qu’ils sont devenus plus intelligents grâce à une surdose de LSD. C’est inconscient, dangereux, et je doute des preuves, mais je vous laisse juger par vous même (source 8).
 
 
 
Je trouvais intéressant de vous parler de ce sujet mais bien évidemment, je finis par le sempiternel : « Ne vous droguez pas ». Le monde n’est jamais tout blanc ou tout noir, pas de raison que le LSD le soit. Il était à la base développé pour être un médicament et il fait ce qu’on lui demande. Cependant, il reste une substance dangereuse avec laquelle on peut risquer sa vie. Les médecins savent ce qu’ils font, pas vous. Alors n’ayez pas la bêtise de vous droguer et laissez ça aux médecins qui savent quoi en faire et à qui en administrer. Si vous êtes en bonne santé, restez le, respectez votre corps et ne l’endommagez pas.
 
 

Sources :

Source 1 : l’ami Wiki

Source 2 : Drogues Info Services

Source 3 : The Guardian

Source 4 : CNN

Source 5 : Fondation Beckley

Source 6 : Académie Nationale de Médecine

Source 7 : Inverse

Source 8 : Hackernoon

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