Les animaux ne parlent pas ?

Faisons la différence tout de suite entre « parler » et « communiquer ». Les animaux communiquent et chaque espèce a son propre langage. Mais ils ne parlent pas avec des mots et des phrases comme nous le faisons chaque jour. Les vaches meuglent, les renards glapissent, les dauphins sifflent, mais aucun d’entre eux ne va vous regarder et commencer à discuter du temps qu’il fait. Physiologiquement et cognitivement, c’est impossible. Une simple greffe de cordes vocales ne suffira donc pas à faire parler vos animaux de compagnie..

 

1. Physiologiquement, on n’est pas de même composition

Et cette différence se ressent immédiatement si on sépare les mammifères, oiseaux, etc des insectes et des poissons. Les premiers communiquent grâce à leur appareil respiratoire, les autres grâce à leurs membres externes comme les grillons qui frottent leurs ailes l’une contre l’autre ou encore grâce à des phéromones ou des signaux visuels. Nous, on va surtout s’intéresser aux animaux utilisant leur système « phonatoire » pour communiquer. Et les raisons de leur silence sont nombreuses !

 

Avant de décrire les éléments de l’appareil « phonatoire » manquants ou non chez d’autres espèces, il est bien de savoir ce qui compose le nôtre ! Larynx, pharynx, cordes vocales, je vous laisse vous familiariser un peu avec le schéma « ci-joint »..

 

Pour en revenir aux autres chanteurs terrestres qui existent, la grande majorité ne parlent pas pour la simple et bonne raison qu’ils n’ont pas de cordes vocales. Mais des espèces comme le chimpanzé en possèdent, ont même un système phonatoire complet mais ne parlent quand même pas. Pourquoi ? Eh bien plusieurs raisons à cela..

Le larynx est trop haut placé. Ça a pour conséquence de gêner l’articulation en réduisant la taille du pharynx. Du coup.. le pharynx est trop petit. Le rôle du pharynx est de moduler et d’amplifier la voix. Si il n’est pas assez volumineux, alors la voix n’a pas le temps d’être modulée et les sons produits ne peuvent pas être aussi variés que chez nous. Le plus « ironique » dans tout ça, c’est que les raisons qui font que les chimpanzés ne parlent pas sont les mêmes que pour les bébés. Chez ces derniers, le larynx descend et le volume du pharynx augmente au fur et à mesure que l’enfant grandit, jusqu’à atteindre leurs tailles et positions définitives.

 

2. Cognitivement, ça ne marche pas pour tout le monde

On sait aujourd’hui que certaines espèces comme le chimpanzé, le perroquet ou le corbeau ont de grandes facultés d’apprentissage. Mais l’apprentissage ne fait pas tout.. Et notre cerveau cache des facultés que ces animaux n’ont pas ! Est-ce que les noms « Broca » et « Wernicke » vous disent quelque chose ? Si oui, alors vous avez probablement déjà abordé le fonctionnement de ce cerveau si cher à notre cœur. Sinon, pas de souci, je vais vous expliquer. Les aires de Broca et de Wernicke sont deux aires du cerveau humain situées dans l’hémisphère gauche. Leur rôle est de gérer le langage : compréhensions écrite, orale et expression. L’aire de Wernicke donne un sens aux mots lus ou entendus alors que l’aire de Broca permet l’expression orale en indiquant au cortex moteur les actions qui doivent être faites par l’appareil phonatoire pour produire chaque mot.

 

Plus simplement, ça fonctionne comme ça :

 

 

Et chez les animaux, ces deux aires sont soit absentes soit sous-développées. Les inaptitudes linguistiques de nos amis les bêtes sont donc majoritairement dues à des problèmes cognitifs..

 

3. L’exception qui confirme la règle : le perroquet

 

 

Parmi les oiseaux chanteurs, une espèce se démarque par son incroyable faculté à reproduire les sons entendus. Il s’agit de l’oiseau lyre. Vous en avez très probablement déjà entendu puisque la vidéo d’un oiseau lyre en pleine parade amoureuse a énormément buzzé sur la toile.

 

Alors pourquoi je vous parle de lui et non pas du perroquet ? Parce que c’est la même chose : ils ne font que répéter. Mais les perroquets, et surtout le perroquet gris du Gabon, peuvent répéter des mots, des phrases et non pas juste des sons (même si les capacités de l’oiseau lyre sont très TRÈS impressionnantes !). Mais les deux espèces peuvent vivement remercier ce qui leur sert de cordes vocales : leur syrinx. C’est en quelque sorte le « larynx aviaire ». Il est composé d’une membrane très souple qui vibre en fonction du débit d’air passant dans le syrinx, débit contrôlé par l’oiseau car à son impressionnante musculature. Et même si leur cerveau est assez développé pour répéter à la perfection, il ne l’est pas assez pour créer des phrases à partir de rien.

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